Christophe Bouillon

Vous avez annoncé votre candidature pour Barentin il y a cinq mois maintenant ?

Oui je confirme ! J’ai pris le temps de la réflexion. C’est une décision importante qui m’engage. Je ne voulais pas la prendre à la légère. Aujourd’hui je suis très décidé.

« C’est une décision importante qui m’engage. »

Et pourquoi ?

Deux aspects ont guidé mes pas. Le premier, c’est que je considère la responsabilité de maire comme étant le plus beau des mandats. C’est le mandat de la proximité. C’est le mandat du quotidien. C’est le mandat de l’action. J’ai déjà été maire. Je sais ce que cela représente. J’ai aussi vu la fonction de député être vidée de son sens. Depuis quelques années je vois bien que notre rôle est diminué par le poids grandissant des administrations depuis Paris. Et que le gouvernement ne laisse rien passer. J’en ai eu la démonstration en janvier en défendant ma loi sur l’inclusion à l’école des élèves en situation de handicap. J’avais fait un texte non polémique non partisan. Un texte inspiré par les témoignages de parents que j’avais reçus à Barentin et par le bon sens. Je voulais en finir avec ce scandale qui pénalise le jour de la rentrée scolaire les élèves en situation de handicap se retrouvant sans solution. Malheureusement le gouvernement a balayé d’un revers de la main la plupart de mes propositions. Cela m’a fait réfléchir.

Et le deuxième aspect ?

C’est simple, j’aime Barentin. Voilà presque treize ans maintenant que j’en suis le député. Les habitants m’ont régulièrement et largement renouvelé leur confiance. Depuis treize ans je pratique la ville. J’assiste à de nombreux événements. Je réponds aux sollicitations des associations. Je soutiens les projets de la ville. Je reçois des habitants pour les aider dans leurs démarches. Je suis un homme de terrain et les occasions ne manquent pas à Barentin. Alors l’idée aujourd’hui d’être utile à Barentin est un peu le prolongement de cette démarche. L’heure est venue pour moi de m’impliquer plus fortement encore pour la ville.

« C’est simple, j’aime Barentin »

Et comment allez-vous vous y prendre ?

D’abord le projet. Depuis plusieurs mois je rencontre des habitants, des responsables d’association, des commerçants, des chefs d’entreprises ou des acteurs institutionnels. J’écoute. Je prends des notes. Je cherche à identifier ce qui va et ce qui ne va pas. Je confronte mes impressions avec celles des autres. Je fais l’état des lieux et l’état des esprits !

Et vous êtes surpris ?

Oui et non. Oui car je ne mesurais pas autant tous les atouts dont dispose la ville. Et non car je ne tombe pas du ciel. Je connais la ville. Je n’ai pas terminé d’aller à la rencontre des habitants. Mais déjà se dessinent aussi des fragilités et des défis à relever. C’est normal. Je m’inscris pleinement dans une sorte de changement dans la continuité. En 30 ans et grâce à l’action de Michel BENTOT et de ses équipes la ville a beaucoup changé. Beaucoup a été fait. Il faut continuer. Ne pas baisser les bras. Mais répondre à des nouveaux enjeux comme les transitions numérique, démographique et écologique. Et naturellement parce que nous sommes différents, la démarche sera différente.

 

« Je n’ai pas terminé d’aller à la rencontre des habitants »

Vous avez terminé votre projet ?

Non. Ce n’est pas fini. Je suis sensible à la participation des habitants. Je l’ai beaucoup pratiquée jadis comme maire. Je souhaite construire mon projet avec les habitants. Je dois continuer d’aller à leur rencontre et solliciter sous une forme ou sous une autre leurs avis et leurs idées.

« Je souhaite construire mon projet avec les habitants »

Donc le projet est en cours mais qu’en est-il de la liste?

Les deux sont liés. Je veux constituer une équipe soudée par le projet et non pas une liste de bric et de broc. Je ne veux pas que des partis politiques imposent des personnes sans lien avec le projet. Je me situe en dehors des partis politiques. Il y aura des habitants engagés mais aussi des citoyens qui n’ont pas leur carte d’adhésion à un parti. Je me sens libre. Il faut allier renouvellement et expérience. Barentin n’appartient à aucun parti. Des habitants me sollicitent. Ma porte est ouverte. Mais pour l’instant seul le projet compte. La liste viendra ensuite naturellement. Notre ville ne manque pas de talents.

Vous vous attendez à quel type de campagne ?

Pour ma part j’ai toujours fait des campagnes propres. Sans attaquer les personnes. Sans polémiquer. Et sans mentir. Malheureusement on peut s’attendre au pire de la part de certains, qui en l’absence de projet pour la ville, seront prêts à tout.

Vous avez des exemples?

Oui j’en ai deux. Deux rumeurs. Deux grosses intox. Le premier qui circule concerne la crainte d’une fusion de la ville avec la Métropole de Rouen. Non seulement ce n’est pas mon intention. Je l’ai dit. J’ai même publié une tribune dans la presse cosignée avec le maire qui annonce clairement la couleur. Je ne le souhaite pas car nous n’avons rien à y gagner. Mais en plus, et c’est sans doute la meilleure preuve que c’est une intox, la ville de Barentin ne touche même pas la Métropole de Rouen. Notre ville est entourée de communes qui n’appartiennent pas à la Métropole de Rouen ce qui rend tout simplement impossible toute fusion entre la ville et la Métropole…

« je suis profondément laïque »

Et la deuxième rumeur ?

Là on touche le fond. On est dans le grotesque. Elle est sans doute diffusée par l’extrême droite. Il s’agit d’un soit-disant projet de mosquée à la place du lycée Jacquard. C’est un mensonge facile à démonter. D’abord une ville n’a pas le droit de construire ni une église, ni une mosquée, ni une synagogue. C’est la loi sur la laïcité qui date de 1905. Ensuite le lycée Jacquard est propriété de la Région et non pas de la ville. J’ajoute que je suis profondément laïque jamais je n’accepterai que l’argent public ne finance la construction d’un lieu de culte quel qu’il soit. Cette rumeur est d’autant plus bizarre qu’il n’y a jamais eu de demande sur la ville.

Vous êtes surpris ?

Pas vraiment. Je sais que pour certains la politique se résume à faire peur et à attiser les haines. Ce n’est pas ma conception de l’engagement public. Barentin mérite mieux. Et d’abord un véritable projet. Voilà ce qui va m’occuper dans les jours qui viennent. Rien ni personne ne me détournera de cette démarche.